Accueil du site > 6/ CONSERVATION & RECHERCHE > Développement d'un vaccin contre Yersinia pseudotuberculosis (Pr M. (...)
  • Article

  Développement d’un vaccin contre Yersinia pseudotuberculosis (Pr M. Simonet)

dimanche 12 avril 2009, par Sylvie.Laidebeure

Thierry PETIT a convié le Pr Michel SIMONET (Interactions Cellulaires et Moléculaires des Bactéries Pathogènes avec l’Hôte, Unité Inserm 801, Institut de Biologie de Lille) pour qu’il nous présente les avancées sur le vaccin recombinant contre la pseudotuberculose.

L’équipe du Pr SIMONET a réussi à faire exprimer un antigène de virulence des Yersinia par une souche de bactéries lactiques (dans ce cas Lactococcus lactis ; Lactobacillus plantarum pouvant également être utilisé mais avec plus de risques d’interférence car probiotique lui-même). Ces bactéries, administrées aux souris et parfaitement inoffensives par ailleurs (non pathogènes, non invasives et déjà utilisées pour délivrer des molécules d’intérêt thérapeutique au niveau des muqueuses), permettent ainsi d’immuniser contre le facteur « LcrV ». Ce facteur de virulence est porté par un plasmide de virulence qui est commun aux trois espèces de Yersinia pathogènes (spp. enterocolytica, pseudotuberculosis et pestis) et qui porte plusieurs gènes de sécrétion des effecteurs (« YOP »). Ces effecteurs permettent une résistance à la phagocytose par les macrophages.

Essais avec le LcrV de Y pseudotuberculosis : In vitro les bactéries lactiques recombinantes contenant le plasmide à insert LcrV sécrètent bien le LcrV dans le surnageant de culture (vérification par western blot) et ce surnageant est bien actif sur des macrophages péritonéaux de souris (IL-10 assay). Elles ont donc été testées in vivo sur des souris par voie intragastrique et intranasale. Etonamment la voie intragastrique n’a provoqué aucune réponse immune anti-LcrV (alors que le LcrV est bien retrouvé en grande quantité sur les lavages intestinaux de souris recevant des Lactococcus recombinants pendant 5 jours) alors que la voie intranasale a bien déclenché une immunisation anti-LcrV (idem sur un contrôle en SC). Les souris ont subit un challenge au contact de Y pseudotuberculosis administrées PO ou IV, et les Ac anti-LcrV sont bien protecteurs.

L’équipe a un autre projet avec le LcrV de Y enterocolytica à tester sur porc. Les Y enterocolytica contaminant les carcasses de porc (jusqu’à 30% des carcasses) sont du même sérotype et même biotype que ce celles infectant l’homme.

T PETIT demande quelle souche virulente de Y pseudotuberculosis a été utiliseé : sérotype 1 (27/77), car la plus virulente chez l’homme. Or pour la thèse de Benoît QUINTARD on avait pu faire les challenges sur cochons d’Inde avec des souches 2 et 3 issues directement de parcs zoologiques (La Palmyre, Mulhouse). On pourrait donc envisager de ré-utiliser ces souches zoo pour des essais à nouveau sur cochons d’Inde, car réputés bien plus sensibles que les souris. Benoît QUINTARD demande s’il serait possible de simplifier le protocole d’administration vaccinale présenté par le Pr SIMONET (2 administrations répétées 3 fois, soit 6) : oui, pourquoi pas, beaucoup reste à faire. David GOMIS suggère l’intérêt potentiel de conserver les essais PO si cette expérience est menée sur d’autres espèces de mammifères, voire oiseaux : oui, pourquoi pas, le Pr SIMONET signale qu’on ne peut pas gagner sur tous les fronts, la non immunisation anti-LcrV en PO présente aussi l’intérêt de la répétabilité des traitements « locaux » digestifs pour l’homme…

Répondre à cet article