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  Cysticercoses à Taenia crassiceps en parcs zoologiques

par Clara Danière

mardi 18 octobre 2016, par Alex

Taenia crassiceps est un cestode commun en Europe et notamment en France, dont l’adulte vit dans le tube digestif de ses hôtes naturels définitifs qui sont les canidés et les félidés. Il possède de multiples hôtes intermédiaires qui sont très fréquemment des rongeurs. Chez ceux-ci, sa larve Cysticercus longicollis se développe le plus souvent en sous-cutané, surtout au niveau des creux axillaires, de la face ventrale du cou, de la cage thoracique et de la région interscapulaire, et l’infiltration des muscles sous-jacents est courante. Dans la littérature, des primates ont été décrits comme hôtes accidentels. Actuellement 14 cas ont été recensés dans les parcs français dont deux ont fait l’objet d’une thèse. Chez eux, les présentations cliniques décrites sont autant classiques qu’atypiques : kystes en zones précédemment décrites ainsi qu’en localisations pleurales, intra-péritonéales, hépatiques mais également un envahissement du canal vertébral. L’examen clinique n’apporte que peu d’informations et l’imagerie médicale peut permettre l’observation de masses parasitaires. La ponction et l’exploration chirurgicales permettent toutes les deux d’éliminer les causes non parasitaires, mais elles ne permettent pas une identification formelle du parasite même si l’aspect « tapioca » oriente vers celui-ci. Actuellement, seules l’identification parasitaire directe et la PCR permettent cette identification formelle. Aucun test sérologique spécifique à T. crassiceps n’existe et il se pose le problème de l’existence de réactions croisées avec d’autres taenidés. L’étude épidémiologique tentant de déterminer la voie de contamination des primates captifs n’a pas encore permis de résoudre cette question. Chez les autres hôtes accidentels décrits (chien et chat domestiques, homme) les hypothèses de contamination sont la consommation d’œufs présents dans les fèces d’hôtes définitifs ou la consommation d’hôtes intermédiaires infestés. Une étude récente a mis en évidence la contamination par des œufs de taenidés de fruits vendus sur les marchés européens, ce qui pourrait être une potentielle source de contamination pour les primates captifs. La thèse présentée ici a pour but, par l’approfondissement des cas que nous pourrons recenser, de mener une étude épidémiologique de l’infestation des primates par Taenia crassiceps et d’essayer d’améliorer le diagnostic.

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