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   Gestion médicale d’une hyperplasie endométriale chez un cercopithèque de Roloway (Cercopitecus roloway)

par Marine Giorgiadis

mardi 18 octobre 2016, par Alex

Le cercopithèque de Roloway fait partie des 25 primates les plus menacés au monde. L’espèce est gérée dans le cadre d’un programme européen d’élevage (EEP) au sein duquel seules 7 femelles sont potentiellement reproductrices. Parmi ces femelles, trois ont récemment présenté des troubles du cycle menstruel. Au Parc zoologique de Mulhouse, un cercopithèque de Roloway femelle de 17 ans, sans antécédent médical, est présenté pour menstruations irréguliers, se traduisant par des pertes sanguines vaginales accrues en quantité et en fréquence. Une échographie abdominale met en évidence une masse utérine de 50x30 mm. Une biopsie est réalisée par laparotomie sous anesthésie générale. L’analyse histologique conclut à une hyperplasie endométriale simple non atypique. Après analyse de la durée moyenne des cycles menstruels de l’individu, un traitement à base de progestérone micronisée à 18 mg/kg est mis en place pendant 3 cycles présumés soit 66 jours. Suite à la mise en place du traitement, des effets secondaires sont observés. L’animal s’inflige en effet des lésions au niveau des doigts. La mise en place d’un neuroleptique (zuclopentixol à 3 mg/kg) permet la régression de ce phénomène d’automutilation et la poursuite du traitement hormonal. Un suivi échographique de la taille de l’utérus et de l’épaisseur de l’endomètre après 1 et 2 mois de traitement met en évidence une régression complète de la masse et une diminution de l’épaisseur de l’endomètre. La surveillance des cycles à la suite du traitement met en évidence une régularisation des cycles et une diminution de la durée des saignements. Cette affection, courante et bégnine chez l’homme, est déjà décrite dans d’autres espèces de primate non humain. Le cas présenté est, à la connaissance des auteurs, le premier cas décrit d’hyperplasie endométriale simple non atypique chez le cercopithèque de Roloway. Chez cette espèce, cette affection résultant d’une insuffisance lutéale semble pouvoir se traiter par un traitement hormonal à base de progestérone. Les effets secondaires observés ne sont pas décrits dans la littérature et l’utilisation de ce traitement sur d’autres individus permettra de déterminer s’il s’agit d’une réaction individuelle ou une réaction propre à l’espèce. Il est important de noter que toute « masse utérine » ne nécessite pas une hystérectomie et qu’il est possible de préserver la fonction reproductrice de ces femelles. L’analyse histologique est essentielle pour le diagnostic et le traitement à mettre en place.

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