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  Intérêt diagnostic de l’histopathologie dans deux cas d’affections cutanées non résolues par les examens de première intention

par Laurie Virolle

dimanche 25 mars 2018, par Alex

Cette présentation cherche à montrer l’intérêt de l’histopathologie dans l’établissement du diagnostic pour deux cas de dermatologie, compliqués, non résolus par les examens de première intention. Ces cas cliniques seront présentés successivement, en évoquant les examens réalisés, les diagnostics différentiels et les éventuelles perspectives de traitement.


- 1er cas : Pemphigus foliacé chez un mâle Tapir terrestre (Tapirus terrestris) de 12 ans

L’animal présente depuis plusieurs années des lésions papuleuses, parfois croûteuses, accompagnées d’une alopécie modérée de l’ensemble du dos. L’affection cutanée est exacerbée en période estivale avec addition d’un érythème. Les raclages cutanés sont négatifs et les calques cutanés montrent de nombreuses bactéries au niveau des croûtes. Les soins locaux permettent une amélioration passagère. L’examen histopathologique de biopsies cutanées, réalisées sous anesthésie générale, montre des pustules sous-cornées contenant des polynucléaires neutrophiles et de très nombreux kératinocytes acantholysés, menant au diagnostic de pemphigus foliacé, dermatose auto-immune identifiée pour la première fois chez cette espèce selon les auteurs. L’inflammation modérée et le caractère bénin des lésions ne justifient pas la mise en place d’un traitement immunosuppresseur. En revanche, une gestion zootechnique quotidienne de l’animal s’avère nécessaire (prévention des coups de soleil notamment).

-  2nd cas : Hyalohyphomycose chez une Femelle Ours de Syrie (Ursus arctos syriacus) de 18 ans

En juillet 2017, les soigneurs rapportent la présence de 3 masses cutanées d’environ 5cm x 3cm, non adhérentes aux plans profonds, sur le ventre, la face interne de la cuisse et le genou d’une des femelles Ours de Syrie. La recherche mycologique classique du Laboratoire Départemental Vétérinaire consécutive à l’exérèse de ces masses est négative. En revanche, l’analyse histopathologique révèle une atteinte fongique par visualisation d’hyphes intralésionnels. Cette conclusion a permis de relancer une recherche plus ciblée en partenariat avec le LDV 34 et le CHU de Montpellier et d’identifier le champignon saprophyte en cause, Purpureocillium lilacinum. Il est principalement responsable de hyalohyphomycoses cutanées chez l’Homme mais des atteintes viscérales sont néanmoins décrites. Un antifongigramme est en cours de réalisation afin de déterminer le traitement adéquat si d’autres lésions apparaissent sur cet animal dans les années à venir.

En conclusion, l’histopathologie nous a donc permis d’obtenir un diagnostic de certitude, directement dans le cas d’une maladie auto-immune chez le tapir, et indirectement pour l’ours de Syrie, en permettant de cibler la recherche mycologique au laboratoire.

Télécharger la présentation dermatologique ici

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