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   Comportement agonistique exacerbé chez une femelle tamarin-lion doré

par Théo Porcheron

samedi 23 mars 2019, par Alex

Théo Porcheron, DVM, Aude Bourgeois, DVM, Dylan Duby, DVM, Norin Chai, DVM, Dipl ECZM (ZHM)

L’introduction d’un nouvel animal dans un groupe ou avec un congénère dans le but de former un couple reproducteur s’accompagne parfois de conflits entre individus, souvent temporaires et s’estompant après un temps d’adaptation. Cependant, certains echecs de mise en contact ou certains comportement exacerbés doivent amener le clinicien à se poser la question d’une cause sous-jacente pathologique. La récente introduction problématique d’une femelle tamarin-lion doré (Leontopithecus rosalia) à la Ménagerie du Jardin des plantes de Paris a ainsi donné lieu à une exploration médicale. Arrivée du Zoo de Belfast dans le cadre du programme d’élevage européen, après y avoir passé six ans et demi sans succès reproducteur, cette femelle a été mise en contact avec le mâle présent à la Ménagerie depuis sept ans. Après plusieurs mois d’un conflit persistant ayant entraîné diverses blessures de faible gravité, et au cours desquels n’ont eu lieu que quelques rares tentatives d’accouplement, des séparations temporaires et un traitement de la femelle au CLOPIXOL (zuclopenthixol) ont été mis en place. L’échec de ces mesures nous a conduit à investiguer davantage et à rechercher une cause pathologique à ces agressions de la femelle envers le mâle. Une endoscopie de la cavité abdominale a révélé des ovaires bosselés et de taille augmentée, compatibles avec un processus néoplasique ou kystique, ainsi qu’un utérus déformé par une masse centrale interne. Après ovariohystérectomie, l’analyse histologique a montré que les ovaires contenaient des kystes et de larges corps jaunes en voie d’involution, avec un centre hémorragique et kystique, tandis que l’endomètre utérin présentait une hyperplasie modérée des glandes utérines. Des ovaires kystiques peuvent être à l’origine de dérèglements hormonaux et de troubles de l’humeur. Chez la Femme, lorsqu’ils sont nombreux, ils pourraient être associés à des troubles des comportements psychosociaux et psychosexuels. La présence de corps jaunes kystiques et hémorragiques peut quant à elle être normale mais elle pourrait aussi être associé à des troubles de la fertilité. Ces corps jaunes peuvent de plus être associés à des douleurs abdominales. Quant à l’hyperplasie endométriale, elle est peu spécifique et peut s’être développé sous la dépendance des œstrogènes en association à les kystes ovariens. Depuis l’intervention chirurgicale, les soigneurs rapportent un comportement plus apaisé et moins agonistique envers le mâle lors des mises en contact indirectes

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