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  Auto-mutilations récurrentes de l’extrémité de la queue chez un tamarin lion doré (Leontopithecus rosalia)

par Milan Thorel

samedi 23 mars 2019, par Alex

Milan Thorel, DVM, Cindy Braud, DVM, Nicolas Goddard, DVM, Océane Graillot, DVM, Baptiste Mulot, DVM et Antoine Leclerc, DVM, Dipl ECZM (ZHM)

Un tamarin lion doré (Leontopithecus rosalia) âgé d’un an et demi a été pris en charge pour la gestion médicale d’une plaie d’auto-mutilation par morsure sur l’extrémité de la queue début juillet 2018. Des soins locaux ont tout d’abord été mis en place, associés à une analgésie à base d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et d’opioïdes. Ne prenant pas son traitement dans son enclos, il a été décidé de le retirer du groupe et de l’hospitaliser. De nombreuses auto-mutilations ont été observées durant l’hospitalisation, l’individu parvenant systématiquement à s’arracher le pansement en fin de cicatrisation, malgré les différents modèles essayés (corps de seringue, Vettrap goût amer, ...). Mi-septembre, un neuroleptique a été ajouté au traitement. Le zuclopenthixol (Clopixol®, Lundbeck SAS, France) présente des effets antipsychotiques, anti-hallucinatoires et sédatifs. Utilisé ici initialement à la dose de 2,30 mg/kg BID en association avec du tramadol (Contramal®, Laboratoire Grünenthal SAS ; 3,5mg/kg BID), il a permis une amélioration modérée de la fréquence et de l’intensité avec laquelle ce tamarin lion doré tentait de se mutiler de nouveau. Cependant, devant les dernières récidives observées et avant de considérer sérieusement l’euthanasie, il a été décidé de prendre le risque de remettre cet individu au contact de son groupe en poursuivant le traitement de zuclopenthixol et tramadol par voie orale (les doses étant progressivement diminuées courant décembre 2018), et sans aucun pansement. Aucun conflit intraspécifique n’a alors été observé entre son retour dans le groupe et la cicatrisation complète de la queue observée mi-janvier. Au total, 34 anesthésies entre juillet 2018 et novembre 2018 ont été nécessaires , dont 2 amputations successives de l’extrémité de la queue, totalement nécrosée. L’utilisation de neuroleptiques par voie orale, couplée à une gestion appropriée de la douleur sous-jacente à l’affection traitée, apparaît comme une solution judicieuse dans des cas d’auto-mutilations récidivants, en particulier lorsque le traitement peut être donné en évitant une mise à l’écart d’un invidividu de son groupe.

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