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  Gestion des intoxications en parc zoologique : l’apport du CNITV

par Meg-Anne Moriceau

dimanche 19 mars 2017, par Alex

Le Centre National d’Informations Toxicologiques Vétérinaires (CNITV), association loi 1901 financée principalement par les cotisations des vétérinaires adhérents, a été créé en 1976 pour répondre 24h/24 et 7 jours/7 aux questions des praticiens et particuliers concernant les intoxications animales. Au fil des années, ses missions se sont diversifiées : expertises pour des industriels pharmaceutiques, veille sanitaire sur les boues d’épandage en partenariat avec l’ADEME, participation à la gestion de projets européens de réintroduction de rapaces nécrophages, comme le LIFE GYPCONNECT (LIFE14 NAT/FR/000050)... Il participe également à la formation des étudiants vétérinaires en toxicologie clinique. Le centre reçoit en moyenne 20 000 appels par an, dont la majorité concerne les espèces domestiques. Depuis 1992, seulement une centaine d’appels concernant des animaux sauvages ont été recensés, concernant principalement les destructeurs de nuisibles (31%), les plantes (28%) et les insecticides (13%). Il s’agit ici d’illustrer le rôle du CNITV au travers de 2 cas exposés lors de ces appels téléphoniques. Le cas n°1 concerne une exposition d’un groupe de saïmiris (Saimiri boliviensis) aux rodenticides anti-coagulants, sans symptômes apparents : un des individus avait été retrouvé en possession d’un sachet du biocide par un soigneur. Un traitement à base de vitamine K1 a été mis en place sur tout le groupe, de manière préventive. Même si désormais l’intoxication aux rodenticides est une entité bien connue des vétérinaires, le CNITV reçoit fréquemment des questions relatives notamment aux durées de traitement, variables selon la molécule incriminée, et sur la démarche diagnostique. L’objectif est donc de refaire un point sur les grandes lignes de la gestion de cette intoxication. Le cas n°2 est un appel préventif, s’intéressant à la toxicité potentielle de branchages de pommier et prunier, destinés à l’alimentation d’okapis (Okapia johnstoni). Des recherches dans la base de données, répertoriant les cas déjà rencontrés, et dans les ressources bibliographiques dont dispose le CNITV, ont permis d’apporter des éléments de réponse quant au risque que peuvent représenter ces branchages lors d’une consommation massive, étant donné qu’ils contiennent des hétérosides cyanogénétiques. Il est vrai que les données et ressources du centre concernent principalement les espèces domestiques, mais elles peuvent parfois apporter des pistes par extrapolation aux espèces sauvages.

Le CNITV est donc un partenaire privilégié du vétérinaire de parc zoologique dans le diagnostic et la gestion thérapeutique des intoxications, ainsi que dans leur prévention.

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