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  Gestion d’une fracture proximale de la défense chez un jeune mâle éléphant d’Afrique (Loxodonta africana).

par Romain Potier

dimanche 25 mars 2018, par Alex

Les fractures de la défense représentent une large part des problèmes de dentisterie rencontrés chez l’éléphant en captivité. Outre sa taille et sa localisation, la défense se caractérise également par sa croissance continue. Un mâle éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) âgé de quatre ans présente depuis l’âge de trois ans une fracture proximale de la défense gauche au ras du sulcus gingival avec exposition de la pulpe. Au cours des premiers mois, des rinçages du canal dentaire sont réalisés régulièrement par les soigneurs avec la coopération de l’animal. La production de pus et de matériel fibrino-nécrotique est variable de même que la sensibilité de l’animal dont la coopération est fluctuante. Après un an de traitement conservateur, la croissance continue de la défense a entrainé la formation d’un volet cutané formant un clapet devant le canal dentaire. Ce « clapet cutané » aggrave l’inconfort de l’animal dont la coopération devient plus irrégulière. Mécaniquement, il contrarie le rinçage et le drainage de la cavité médullaire et de la pulpe.

Un parage chirurgical du sulcus et un traitement canalaire sont alors entrepris sous anesthésie générale. Afin de contrôler sa chute et s’assurer un décubitus latéral sur le flanc droit permettant l’accès à la défense, l’animal est d’abord placé avec son flanc gauche contre la paroi du box avant d’être sédaté debout au moyen de l’injection intramusculaire d’un mélange de détomidine et butorphanol. Une fois sédaté, les membres antérieurs et postérieurs gauche sont entravés et attachés à la paroi du box et des matelas disposés dans le box à la droite de l’animal. Le couchage est alors entrepris de manière contrôlée par l’injection intramusculaire et intraveineuse d’étorphine. Le clapet cutané est excisé et le parage de la défense ainsi que le nettoyage et le rinçage du canal dentaire et de la pulpe sont entrepris. Le praticien est alors confronté à un deuxième choix majeur après celui d’anesthésier l’éléphant, celui de combler ou non le canal. Même si la pulpe apparait saine, le risque d’infection sous le matériel utilisé pour combler le canal conduit à laisser pulpe exposé et à réaliser des soins locaux réguliers.

Trois mois après l’intervention, aucune lésion nécrotique de la pulpe n’est visible et on observe la formation régulière de dentine qui laisse espérer un comblement à terme du canal dentaire. Ce cas plaide en faveur d’un traitement conservateur des fractures de la défense avec exposition de la pulpe.

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