Accueil du site > 3/ CAS CLINIQUES > Chirurgie > Réduction chirurgicale d’une luxation de glande nictitante chez une loutre (...)
  • Article

   Réduction chirurgicale d’une luxation de glande nictitante chez une loutre géante (Pteronura brasiliensis)

par Alexia Roux

lundi 25 mars 2019, par Alex

Alexia Roux, DVM, Florine Popelin-Wedlarski, DVM, Rudy Wedlarski, DVM

La membrane nictitante, ou troisième paupière, possède une glande lacrymale appelée glande accessoire superficielle ou glande nictitante. Dans certaines conditions, cette glande peut ressortir au niveau du coin interne de l’œil : il s’agit d’une luxation de la glande nictitante. Chez les carnivores domestiques, le rôle de cette glande est bien connu et essentiel à l’intégrité de l’œil et ses fonctions lacrymales. Le cas présenté concerne une loutre géante (

âgée de 5 ans, présentant une luxation de la glande nictitante au niveau de l’œil gauche Pteronura brasiliensis) femelle adulte depuis moins de 12h. Aucun traumatisme ni altercation avec le mâle cohabitant dans le même enclos n’ont été rapportés par les soigneurs. L’animal a été anesthésié par fléchage (Anaestamine© (kétamine) : 1.7mg/kg, Sededorm© (médétomidine) : 40μg/kg). Une deuxième injection de kétamine à 0.7mg/kg a été nécessaire pour l’intubation puis l’animal a été maintenu à l’isoflurane (Iso-Vet©) à 1.5% durant toute la durée de l’intervention. La technique choisie a été celle préconisée chez les carnivores domestiques à savoir la technique d’enfouissement de Morgan. Elle consiste à créer une poche où vient se loger la glande luxée en incisant de chaque côté de la glande puis en dilacérant le tissu conjonctif sous-jacent. La poche a été refermée à l’aide d’un surjet enfouissant avec du Vicryl 5/0. La faible mobilité des paupières et des conjonctives chez cette espèce ainsi que l’inflammation marquée ont posé une difficulté notable pour créer convenablement la poche nécessaire pour l’enfouissement de la glande. Il a donc été décidé d’effectuer un point de fixation externe simple avec du Vicryl 5/0 au niveau de chaque paupière afin de fixer au mieux la glande nictitante. A la fin de l’intervention, une légère procidence était toujours visible. Du Fradexam collyre© © a été appliqué à la fin de la chirurgie. La gestion per-opératoire a été gérée avec du meloxicam (Meloxidolor© 5mg/ml) en SC à la dose de 0.2mg/kg. Au total, l’anesthésie aura durée 1h45. L’animal s’est réveillé 5 min après l’arrêt de l’isoflurane et injection de 0.1mg/kg d’atipamézole (Nosedorm©) en IM. Le lendemain, un œdème marqué de la face et de la gorge à gauche a été noté. Une compression du nerf facial a été suspectée et traitée par deux injections à 24h d’intervalle de corticoïdes à la dose de 0.1mg/kg qui ont permis une régression des symptômes. Cette complication pourrait résulter d’un traumatisme secondaire à une gêne post-opératoire ou directement à l’inflammation post-chirurgicale.

Télécharger la présentation nictitante ici

Répondre à cet article