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  Méthode de collecte de semence par cathétérisation urinaire sur félidés captifs

Lucie Brisson DVM, Dorothée Ordonneau DVM

mercredi 21 octobre 2020, par Sylvie.Laidebeure

Dans le cadre des programmes d’élevage européen, les établissements zoologiques ont entre autres pour mission de favoriser la reproduction de certaines des espèces hébergées dans leur structure. Dans certains cas, l’absence de comportement reproducteur ou de gestation peut engendrer une remise en question de la fertilité des individus. Concernant les félins sauvages et domestiques, l’électroéjaculation est la méthode de collecte de semence la plus courante afin notamment d’effectuer un spermogramme et de réaliser une insémination artificielle. Cependant, l’équipement est coûteux et la procédure engendre généralement une forte contraction musculaire ainsi qu’une hyperthermie malgré l’anesthésie générale. En conséquence, nous avons testé la faisabilité d’une approche différente utilisant le cathétérisme urétral chez un mâle panthère du Sri Lanka (Panthera pardus kotiya) et un tigre de Sumatra (Panthera tigris sumatrae). Cette technique a été précédemment décrite sur des félidés domestiques et sauvages captifs et repose sur l’emploi de médétomidine dans le protocole d’anesthésie générale. L’utilisation de cette molécule semble être à l’origine, via un effet α-adrénergique, de la libération de sperme dans l’urètre. Pour la récolte en elle-même, nous avons eu recours à un échographe portable, des sondes urinaires vétérinaires, des tubes Eppendorf ainsi qu’un matériel classique de désinfection cutané (compresses, Bétadine savon/solution) et du lubrifiant non spermicide. La collecte s’est réalisée sans difficulté majeure, par cathétérisation échoguidée de l’urètre après rétraction du prépuce et a permis une évaluation de la qualité de la semence. La récolte de semence par cathétérisation urinaire est une méthode demandant peu de matériel tout en permettant une récolte de semence davantage concentrée en spermatozoïdes par rapport à l’électroéjaculation. La semence peut être ensuite utilisée pour un examen microscopique, pour une insémination artificielle et pour une cryoconservation. Cette technique qui, à l’origine a été mise en place sur des félins, a ensuite été décrite sur d’autres familles d’espèces sauvages captives (lycaons, loups, ours, ...).

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